Presse

 

«   Sous nos latitudes desséchées par les canicules et les égoïsmes, la générosité se fait rare. Alors, quand un tel flot de fraîcheur et de spontanéité gicle dans nos oreilles, on est à la fois heureux et triste. Heureux, car on se désaltère. Triste, car on ne savait pas à quel point on avait soif. Tous les films ont la même fin est un projet qui semble bâti sur le principe de... l'absence de principe. Ce n'est pas nouveau. Ce qu'il l'est bien plus, c'est qu'ici, ça marche. A peine l'auditeur se croit-il installé dans un univers que tout bascule : on passe de la pop la plus ouvragée à des couleurs très sombres, dignes de Smog ou Mendelson ; on sourit au détour d'une phrase ou d'une histoire, puis les dents grincent douloureusement peu de temps après. Deux personnalités, deux enfants qui visitent et régénèrent avec une insolente facilité les poncifs de la musique de ces dernières décennies, sans plagiat décomplexé, sans cette manie fatigante de l'hommage béat qui rencontre un inexcusable succès par chez nous. Ils y ajoutent leurs points de vue, leurs propres trouvailles, sans forcer le trait. Chaque nouvelle chanson de l'album (25 titres – depuis quand n'avait-on pas vu ça ailleurs que sur une compilation sponsorisée ?) comble l'attente suscitée par la précédente, au delà de toutes les espérances. Un monde s'installe. Il demeure bien après l'écoute, car l'écriture, la finesse et l'inventivité des arrangements, la beauté des mélodies, les thèmes abordés bousculent toutes les strates de la personnalité. On ne sait plus si l'on vient de voir un film, de faire un voyage, de consommer un produit illicite. Ce n'est pas un disque, c'est une évidence. » 

Elodie Lally, Les Inrockuptibles sept. 2007.

 

«  Le travail sonore de Tous les films ont la même fin passe en boucle chez moi et dans ma voiture. J'ai accroché dès la première écoute, aidé en cela par quelques "tubes". L'atmosphère décalée, désabusée, les petites histoires, la voix qui reflète le vécu, le côté dandy, le son qui supporte cette voix, la fragilité et la force de l'ensemble selon les temps et les morceaux... Bien vus les sons et les mélodies des claviers... Une ambiance un peu no wave, qui me séduit. Un travail riche, construit, pêchu, nostalgique... Oui, ça me plaît ! »

Eric Pomiès, Sortir à Senonches, Aoüt 2006.

 

« Évoluant sans peine sur le fil de la nonchalance, Tous les films ont la même fin fait preuve d'un courage qui force l'admiration. Ce courage commence avec le choix de leur nom, péremptoire, décalé, absurde et tapant dans le mille pourtant. Ce qui arrête ensuite le passant devant cette vitrine gorgée de cadeaux presque gratuits (mais pas futiles), c'est un timbre de voix unique, grave, voilé, qui prend l'oreille et s'entrelace avec les mots, mariant simplicité et audace, recherche et poésie, proximité et distance. Les films annoncés sont bien là, mais démontés, sculptés comme une matière tour à tour argile et marbre, papier de verre et soie, cristal et plexiglas. Les facéties de ces nouveaux venus ne tournent pas à vide cependant. Les héritages sont assumés et se font légers. Le grand écart entre minimalisme et musique symphonique s'opère sans démonstration vaine, sans contorsion douloureuse. On rira de bon coeur avant d'avoir le sang glacé, on pensera à mille chansons sans pouvoir citer un seul titre. Une expérience sidérante.»

Gérard Janvion, Magic Oct. 2007.

 

« Un faux mouvement, annonce la pochette. Les virages à quatre-vingts dix degrés semblent pourtant brutaux et bien négociés par Tous les films ont la même fin, collectif OVNI qui tacle l'auditeur à la régulière, avant de marquer un but imparable de la tête. Pourquoi personne n'avait écrit de telles chansons jusqu'à maintenant ? C'est ce que l'on se demande toujours quand on est confronté à de telles propositions sonores. Mais y est-on souvent confronté ? Les textes gardent la même force à la lecture qu'à l'écoute. Les musiques constituent un ensemble bariolé et incroyablement homogène. Depuis quand n'avait-on pas vu un tel équilibre entre le sens et le son ? Ce groupe avance sans se poser de question, sûr de son fait, mais perméable au doute tout de même. Il croit à sa bonne étoile, mais demeure inquiet devant le monde que celle-ci surplombe. Ce monde, ils y ont été brutalement plongés, comme nous tous. Malgré cela, Tous les films ont la même fin évite l'écueil du dandysme ou de l'amertume, et la mélancolie de certaines chansons se voit très vite brisée par une énergie que l'on ne saurait qualifier du désespoir.»

Marie Tournon, Télérama Nov. 2008.

 

« Voilà le genre de disque que l'on a envie d'offrir à tout le monde. Celui qui va nous accompagner un bon bout de temps, que l'on réécoutera dans quelques années en revoyant, ému, les images des instants qu'il a accompagné. Cette certitude nous tombe dessus dès la troisième ou quatrième chanson, au moment où la séduction qui s'était insinuée dans les premières secondes de l'écoute se transforme en coup de foudre. (...) Il y aurait tant à dire sur le dernier album de Tous les films ont la même fin, que le mieux est de vous conseiller de courir vous le procurer les yeux fermés. De toute façon, il vous les ouvrira.»

Marc Malinovski, Le Monde Déc. 2008.

 

« Qui, jusque là, avait osé revendiquer les influences croisées de John Cage et Adriano Celentano, Thelonious Monk et les college bands américains, Weezer et Joe Dassin ? Tous les films ont la même fin ne tente rien de cet ordre et le réussit sans forcer. Chaque chanson ou presque est un hit en puissance. Celles qui ne le sont pas nous happent dès les premières secondes et ne nous lâchent plus jusqu'à ce qu'on ait trouvé un ami à qui annoncer la découverte. Totalement désynchronisé et parfaitement actuel, l'univers de ce groupe bouscule les habitudes auditives les plus ancrées, s'installe pour durer, entre dans le patrimoine personnel et collectif avec élégance. Tous les films ont la même fin ne fait pas de miracle. C'est un miracle.»

Jean-Paul de Moor, Libération Janv. 2008.

 

« "Don't believe the hype" répètent les nouveaux représentants du rock anglais. C'est le moins que l'on puisse conseiller aux nombreux naïfs qui seraient tentés de se procurer la première livraison de Tous les films ont la même fin. Précédés d'un buzz invraisemblable sans même avoir rien proposé hormis quelques mp3 de mauvaise qualité sur le Net, les deux compères ont trouvé le moyen d'exciter la curiosité (rarement aussi mal placée) de milliers d'oreilles à l'affût du dernier groupe à connaître. Pas un concert, pas un Cd disponible dans le commerce, mais déjà des tee-shirts et des autocollants dignes des pires lancements marketting, des forums saturés de questions et de commentaires sur la moindre phrase, le moindre son entendus dans telle ou telle chanson. Comment une telle imposture a-t-elle pu se déclencher ? A l'écoute des chansons, la question n'est pas résolue : une voix approximative, des textes sans saveur, un humour discutable, et musicalement, il ne s'agit que d'une relecture maladroite de quelques univers bien connus et mal digérés : Gainsbourg, Miossec, Beatles, et toute la nouvelle scène française de qualité. Soyez donc les premiers à désapprendre ce nom que tout le monde aura oublié dans six mois : Tous les films ont la même fin. »

Jean-Claude Touchard, L'Echo Républicain Fév. 2008.